"Rencontrer le président du Chili en combinaison d'aviateur ? Vous n'y pensez pas ! En pyjama de soie ? Vous plaisantez ! " Adrienne Bolland vient de traverser les Andes dans son petit avion. Et la communauté française du Chili est atterrée : l'héroïne du jour n'a rien à se mettre pour les cérémonies organisées en son honneur. "L'essentiel, n'est-ce pas, était qu'une femme qui vient de traverser les Andes en avion ne ressemble pas trop, tout de même, à une aviatrice", raconte-t-elle plus tard avec ironie. La suite est savoureuse : juste avant la réception, on lui fabrique à la hâte une tenue "convenable". Résultat : "Nous avions quatre bonnes heures de retard, la robe, le chapeau et moi." Adrienne s'en excuse auprès du président, en expliquant le problème. "Il éclata de rire, avec une décontraction qui eût fait honneur à la délégation française de Santiago". Convenant avec elle qu'elle est beaucoup plus élégante en pyjama de soie, il lui proposa de passer les troupes en revue ainsi vêtue. "Lorsque les Français me virent apparaître, je crus qu'on allait compter plusieurs crises cardiaques."
C'est pour des anecdotes de ce genre que j'aime Adrienne : elle adore déranger l'ordre établi. Non par caprice. Plutôt par un goût immodéré de la liberté. Et aussi une propension à s'amuser pour oublier que la vie peut être tragique...
L'état-civil est parfois menteur. Il prétend qu'on est adulte, alors qu'on n'a toujours pas réglé sa crise d'adolescence. Les romans, tout imaginaires qu'ils soient, disent parfois mieux la vérité. C'est pourquoi, sans doute, les miens parlent-ils souvent des émotions de l'enfance et de la difficulté de grandir. Ce blog est leur vitrine. Mais il devient aussi un espace où je publierai mes coups de coeur du moment. Et il ne demande qu'à se transformer en lieu d'échanges si vous le souhaitez...
samedi 9 décembre 2017
jeudi 30 novembre 2017
Souvenir d'une rencontre
![]() |
| Photo : Isalide Dumartin |
mardi 28 novembre 2017
Profil d'une femme de l'ombre
jeudi 23 novembre 2017
J'ai découvert un trésor
Les archives numérisées de Gallica m'ont fait hier un de ces cadeaux magiques qui ensoleillent toute une journée. J'ai l'impression enfantine d'avoir déterré un trésor, dont je suis seule à goûter la saveur. Ce n'est qu'une photo, mais je ne l'avais encore jamais vue nulle part : Adrienne Bolland, radieuse, pose devant son Caudron G, en 1920. Elle n'est pas radieuse pour rien : elle vient d'obtenir son brevet de pilote. Et son sourire me raconte la fierté et la joie, la peur vaincue et les défis à venir. Un pied-de-nez magistral à tous ceux qui voudraient, après la guerre, voir les femmes regagner sagement le chemin du foyer. Son gros pull de laine et son bonnet de cuir ont beau la faire ressembler à un culbuto, cette femme-là est magnifique. Elle l'est restée jusqu'à sa mort, à 80 ans.
lundi 20 novembre 2017
L'ombre de Séraphin
| "Rose Bertin" de Sophie Guillou et Alice Dufay, Collection Les petites histoires de la mode |
Son ombre m'a poursuivie ces jours derniers, tandis que je me rendais sur ses terres pour la fête du livre de Léognan. Séraphin méritait mieux que d'être abandonné comme une vieille chaussette. Au moment de reprendre mon train, devant la gare de Bordeaux, je lui ai rendu un hommage tardif. Pardon, Séraphin...
lundi 13 novembre 2017
Faire connaissance
Le paquet est arrivé ce matin, des mains de ma postière. A l'intérieur, une vingtaine de livres, sagement serrés sous leur pellicule de cellophane. Les déballer, d'un geste un peu fébrile, les feuilleter, caresser le velours mat de la couverture... A chaque fois, c'est le même rituel. Et la même question : est-ce qu'il est tel que je l'avais rêvé ?
Soudain, ce livre n'est plus une image sur l'écran de l'ordinateur. Il est devenu un objet, bien réel, là, au creux de ma main. Comme avec un nourrisson qui vient de naître, je fais connaissance avec lui. Je le hume, je le détaille sous toutes ses coutures, je me plonge dans ses pages.
Je dois en profiter. Bientôt, il me sera familier et je ne le verrai plus.
Et puis, il va vivre sa vie à lui. Il passera entre d'autres mains, sous d'autres yeux que les miens. Certains, peut-être, ne l'aimeront pas. Alors aujourd'hui, permettez que je le garde tout près de moi. Le temps de nouer des liens...
Cristobal Balenciaga, collection "Les petites histoires de la mode", Les Petits moustaches éditions, 17,50 euros.
samedi 11 novembre 2017
Il est paru !
![]() |
| Illustration : Alice Dufay |
Car après Sonia Rykiel, voici venir son exact contraire. Balenciaga était aussi discret qu'elle était mondaine. Si elle affirmait ne jamais avoir appris à coudre, lui maniait l'aiguille et les ciseaux comme personne. Alors qu'elle prônait un vêtement sans ourlet ni coutures, il soignait les finitions avec un perfectionnisme maniaque. Et à l'âge où elle caracolait sur son vélo, il passait des heures sur sa machine à coudre (ce qui égratigne au passage certaines idées reçues sur les supposées natures masculine et féminine)...
Ils avaient toutefois un point commun : leur sensibilité à fleur de peau, qu'ils masquaient chacun à leur manière. C'est elle qui fit d'eux des couturiers singuliers, incompris parfois, tant leur liberté allait loin. Cette fragilité vient de leur enfance. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à lire leur "petite histoire". Il n'y a pas d'âge pour se faire plaisir...
Inscription à :
Articles (Atom)
Les déceptions de Fanny
Elle s'appelait Fanny Flis, née Tesler. C'était une femme belle, blonde et élégante. qui faisait de la discrétion la première de tou...
-
Elle s'appelait Fanny Flis, née Tesler. C'était une femme belle, blonde et élégante. qui faisait de la discrétion la première de tou...
-
Il a existé en moi, un jour. Mais il est parti. Ou alors il s'est caché. Cerné par les images criardes de pères-noëls clonés, de nei...
-
Cheval et âne, de Franz Marc (détail) Des edens gorgés de lumière, des chevaux rêveurs, des femmes douces et graves, des forêts comm...




